L'avenir, c'est mieux quand c'est maintenant

Un bon servant leader prend peu de décisions
L’ère numérique suppose d’affronter la complexité. C’est à dire la difficulté à prévoir la prochaine disruption. Dans ce contexte, la notion de leadership est totalement à repenser : il y a maintenant trop de données, d’information et de changements pour une configuration de « un leader vs des suiveurs ».  C’est plutôt « un leader servant des acteurs ».
Le flot de données et la manière dont elles sont exploitées, changent l’essence du leadership et la façon dont les décisions sont prises.

Le leader de l’ère bureaucratique s’épanouit à l’abri de processus, pensés par une élite pour supprimer l’incertitude et sécuriser des pratiques.

Il a acquis sa légitimité par sa maîtrise du métier et son expérience qui n’est souvent qu’une répétition, à quelques variantes, près des mêmes situations.

Il tient son autorité de son titre et de son pouvoir hiérarchique.

Sa communication est formelle et sa vision est fixe.

Ce n’est plus pertinent. Certes, les entreprises digital natives sont médiatisées par leurs leaders.

Mais à y regarder de près, ce ne sont pas ces dirigeants qui apportent le plus de valeur ajoutée mais les idées qu’ils ont prônées : exploiter les données et mettre sur pied des équipes autonomes avec des objectifs clairs et simples centrés sur le client.

 

Plus le système est complexe et moins on le contrôle.

Certains dirigeants éclairés estiment alors que les managers doivent perdre l’illusion de ce contrôle : on fait remplir des formulaires de reportings sans amélioration de l’agilité des entreprises.

A l’inverse, le collaboratif, la co construction, l’expérimentation doivent se traduire dans la gouvernance et le leadership.

Pour survivre, il faut les distribuer au plus bas niveau possible, promouvoir l’initiative et responsabiliser les managers intermédiaires, élever significativement leur niveau de compétences relationnelles et humaines.

C’est une culture d’entreprise dont le cœur est le projet et la personne (employé ou client) plus que le process.

Chacun voit émerger un intérêt supérieur commun (le client) qui se communique, se partage, évolue grâce au travail en réseau.

Le servant leader, un déclencheur

Le déclencheur de cette transformation est le servant leader.

Il tire bien entendu sa légitimité de sa maîtrise métier, de son expertise mais aussi de sa capacité à douter, à questionner, à susciter l’intelligence collective.

Son autorité vient de son efficacité dans son apport aux autres. Ce qui compte, c’est sa capacité à faire et à faciliter le pouvoir de faire des autres.

Sa communication est tout terrain (à l’aise en face à face et maîtrisant parfaitement les outils technologiques).

Sa vision est souple : il facilite l’adaptation en donnant du sens aux changements constants.

Sa devise est : “Accompagner chacun à contribuer et voir son effort valorisé.”

Il délègue tout ce qu’il peut aux équipes y compris le contrôle des actions qu’elles entreprennent.

Il les encourage à décider parce qu’elles ont les meilleures informations.

Ainsi le contrôle global du système redevient possible. A la limite, un bon servant leader prend peu de décisions.

Il est au service des équipes qu’il a responsabilisées.

Avec le servant leader, l’important n’est pas que le pouvoir change de main, c’est qu’il se partage…

 

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